Après la COP 21 à Paris et Woodrise à Bordeaux, voici que se profilent les Rencontres Woodrise à Genève en janvier 2019. Un événement transfrontalier qui, outre les professionnels du bois, mobilise les investisseurs de la finance durable qui tentent de faire de Genève le leader des investissements responsables. Des enjeux colossaux attendent ainsi la filière du bois, en effervescence.
30/01 – 02/02/2019
1ère ÉDITION DES RENCONTRES WOODRISE

La manifestation se déroule sur trois jours, avec débats, expositions, conférences, tables rondes sur la forêt, le bois-énergie, l’innovation, la formation, et la construction bois. Elle offre un espace de dialogue pour traiter des enjeux énergétiques et environnementaux, des métiers et des compétences, du développement des nouveaux usages du bois, ainsi que des nouveaux marchés, procédés et produits. Les publics varieront selon les thématiques des journées. L’objectif est de toucher les acteurs en amont et en aval de la filière bois, les concepteurs (architectes/bureaux d’études, etc.), les donneurs d’ordres publics et privés, les investisseurs, les politiques, mais aussi les étudiants, la presse et les médias. Une 4e journée est ouverte au grand public pour faire découvrir le bois sous toutes ses formes avec une approche émotionnelle au travers d’ateliers et d’animations.

Inscriptions et informations sur rencontres-woodrise.ch

L’Accord de Paris en décembre 2015 sur le climat a hissé les forêts au premier rang des solutions envisagées pour faire face au changement climatique. Et contrairement aux idées reçues, prendre soin d’une forêt, ce n’est pas forcément la laisser à l’état sauvage. Intelligemment exploitée, elle participe, d’une part, à l’amélioration de sa résilience et contribue, d’autre part, à l’effort d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES), en évitant l’usage de matériaux ou d’énergies issus de filières plus émettrices de GES. Comme dans nos régions l’accroissement biologique des forêts excède largement les prélèvements, la question revient essentiellement à se demander non pas s’il faut intensifier la productivité, mais comment l’encourager davantage, et pour quelle finalité.

INNOVER OU DISPARAÎTRE

Une fois extrait de la forêt, le bois se décline en une palette d’usages dans les domaines traditionnels de la construction, de l’énergie, des pâtes à papier et emballages mais aussi, compte tenu de ses propriétés diversifiées, dans les secteurs les plus inattendus de l’alimentaire, de l’automobile, de la cosmétique, de la pharmaceutique ou du textile. Qu’il s’agisse des débouchés historiques ou de secteurs plus éloignés de son modèle d’affaires, l’ensemble de la filière a connu, au cours des dernières années, un tournant historique la propulsant à l’avant-garde et ouvrant la porte à de nombreux domaines de valorisation encore inexploités… Une question de survie pour le secteur qui doit faire face au jeu concurrentiel exercé par les autres matériaux (béton, acier, plastique…), mais également par les autres pays dont les essences et les coûts du marché sont plus avantageux.

VECTEUR CLÉ DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Le bois utilisé à la place du mazout permet d’économiser plus de 3 kg de CO2 par litre de mazout remplacé (source : Économie forestière Suisse)

Le bois fait figure de remplaçant idéal du pétrole en déclin et, tant dans le secteur de la construction que celui de l’énergie, constitue une alternative rentable à la pénurie de matières premières. Il stocke durablement les GES, consomme peu d’énergie pour sa production et sa transformation industrielle, et son
exploitation efficiente est, à l’heure actuelle, considérée comme une des conditions essentielles pour assurer la croissance de l’économie et la sécurité d’approvisionnement. S’il est encore principalement utilisé sous la forme solide (bois de chauffage, pellets), le bois-énergie se valorisera bientôt davantage sous forme de source d’énergie gazeuse ou liquide, après un processus de transformation adapté.

 
EFFICACITÉ DE LA CHAÎNE

Après déduction de toutes les émissions inhérentes à la production, près de 45 millions de tonnes de CO2 sont fixées dans le bois au sein du parc immobilier suisse
(source : Lignum)

Le principal défi de la filière repose donc sur l’augmentation de l’efficacité de la chaîne de production traditionnelle ainsi que la mise en place de nouveaux processus de transformation et d’utilisation du bois. Ce potentiel de création de valeur ajoutée, susceptible de développer l’exportation de produits, de savoir-faire et de compétences spécifiques, s’appuie principalement sur la recherche expérimentale et la recherche appliquée, à l’échelle macroscopique et à l’échelle moléculaire. Il est la clef de voûte d’un système vertueux capable d’encourager l’implication des investisseurs qui, au-delà du ‘‘risque’’ et du ‘‘rendement’’, considèrent la ‘‘durabilité’’ comme nouvelle dimension fondamentale. Une approche que les Rencontres Woodrise permettront de mettre en exergue en donnant la parole non seulement aux professionnels du bois mais aussi aux investisseurs, dans l’espoir de convertir durablement le bois en valeur refuge.

Sophie Barenne

 
Images © Rotex Helicopter, Giswil/LIGNUM • © Pierre Boss, Renens/LIGNUM • © Pilatus Flugzeugwerke, Stans/LIGNUM • © Amt für Forst und Jagd UR/LIGNUM • © Michael Meuter, Zurich/LIGNUM
 

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Cet article est paru dans votre magazine L’EXTENSION / DIAMANT ALPIN Octobre-Novembre 2018. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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