Dévolu au répertoire des compositeurs d’aujourd’hui, le Lemanic Modern Ensemble (LME) décline une ligne programmatique que l’on pourrait qualifier de ‘‘pure’’ plutôt que de ‘‘radicale’’ et des arguments sur l’accessibilité de la musique contemporaine à l’échelle régionale. En bref, de grands instants musicaux, à portée de main. On aurait tort de s’en priver.

Nul besoin de courir à Paris, Lyon, Shanghai, Saint- Pétersbourg, Aix-en- Provence, Avignon ou Venise pour écouter le Lemanic Modern Ensemble (LME). Si la qualité de ses interprétations, sous la direction de nombreux chefs invités parmi lesquels Pierre Bleuse, Jean Deroyer, Peter Hirsch ou Bruno Mantovani, lui vaut d’être programmé par les plus grands festivals internationaux, il n’en est pas moins présent dans la région, au Festival Archipel de Genève, à l’Auditorium d’Annemasse, au Festival des Jardins Musicaux de Cernier, à la Société de Musique Contemporaine de Lausanne (SMC), la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU) ou encore à la Haute École de Musique de Genève.

TEMPS FORTS

En particulier : « For a While… » le 08/10/18 à 20 h au Victoria Hall, Genève.
Concert exceptionnel en l’honneur du compositeur genevois Michael Jarrell dont les oeuvres sont jouées par les plus prestigieuses phalanges à travers le monde.

« Outlines » au StudIo
Ernest Ansermet, à Genève, le 17/05/19 à 20 h et à l’auditorium d’Annemasse le 23 mai à 20 h
Un concert emblématique de la démarche du LME, reliant la tradition musicale des XVIe et XVIIe siècle avec celle d’aujourd’hui. Prévu à la fois en Suisse et en France.

ALLER À LA RENCONTRE DU PUBLIC

Dès l’origine, en 2007, ses fondateurs, le tromboniste Jean-Marc Daviet et le percussionniste Jean-Marie Paraire, rejoints par la suite par le chef et compositeur William Blank et accompagnés dorénavant aussi par le chef Pierre Bleuse et Mathieu Poncet, façonnent leurs programmes autour d’oeuvres essentielles de la modernité ainsi que d’opus plus récents de la contemporanéité. Aujourd’hui, leur travail, sans cesse renouvelé, témoigne d’une volonté affichée de perpétuer le tissage serré des genres musicaux, et de poursuivre les échanges non seulement avec les compositeurs mais aussi les jeunes interprètes, via une académie qui leur est destinée. Les publics ne sont pas en reste, avec des partenariats pérennes été mis en place pour initier ou veiller à la médiation culturelle avant les concerts, car bien souvent, quelques clés d’écoute ne sont pas inutiles. Cette forme de partage, qui a pris le chemin du dialogue fécond plutôt que celui de l’intransigeance, caractéristique fréquente du milieu de la musique contemporaine, est sans doute, depuis sa création, le plus beau succès du LME.

UNE PROGRAMMATION SOUS FORME D’EXPLORATION

Quinze concerts dans la région, dont quatre créations et une orchestration originale sur la saison 2018/2019.

Devenu une référence sur le lémanique et à l’international, le LME stimule la commande de nombreuses oeuvres, notamment aux compositeurs Oscar Bianchi, William Blank, Nicolas Bolens, Xavier Dayer, Ivan Fedele, Stefano Gervasoni, David Hudry, Michael Jarrell, Hanspeter Kyburz, Bruno Mantovani, Tristan Murail, Luis Naón. De la collaboration étroite avec ces compositeurs pour la réalisation de leurs oeuvres ressort une musique sublimée qui, cette année encore, en surprendra plus d’un. Puisque l’inaccessibilité de la musique contemporaine n’est plus une valeur en soi, tous les espoirs sont permis.

Sophie Barenne

Cet article est paru dans votre magazine L’EXTENSION / DIAMANT ALPIN Octobre-Novembre 2018. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.
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