Entrepreneuse enthousiaste et affable, la Française Valérie Kunstmann développe et dirige, depuis 2012, des enseignes pour le compte du groupe familial MIJOMAG, essentiellement investi dans la restauration et dans la distribution spécialisée.
Rencontre avec cette experte de la franchise, au sens propre comme au sens figuré.

Polyvalente, Valérie Kunstmann jongle avec les enseignes comme avec les métiers. Outre la chaîne de restauration Vapiano en Suisse Romande, elle développe et dirige Picard Surgelés, la marque française dont le groupe MIJOMAG est aussi concessionnaire. Elle est, par ailleurs, responsable du développement de l’enseigne Kusmi Tea. À l’aise dans les ressources humaines, l’informatique, le graphisme, ou le marketing, cette joyeuse saltimbanque du management n’en demeure pas moins guidée par un principe unique : être vraie et rester fidèle à elle-même. Sa façon simple de rencontrer les gens traduit une ligne de pensée mince et musclée, dépourvue de tout ornement. Valérie est une femme pressée, mais qui prend le temps de cerner l’essentiel… pour aller droit au but.
Le brillant parcours de cette française, native de Champagne, repérée par le fondateur du groupe il y a six ans et désormais établie en Suisse, n’est pas aussi rectiligne qu’on l’imagine. Il est jalonné de défis relevés et de difficultés surmontées à force de volonté, mais aussi d’écoute et d’humanité. Sa méthode de management prône des valeurs de respect et d’intégrité. « Je suis au travail comme dans la vie quotidienne, explique-t-elle, à l’écoute à la fois de l’épanouissement individuel et de la poursuite de l’objectif collectif, sans toutefois tomber ni dans le paternalisme, ni dans le dirigisme. »

LA DIVERSITÉ VÉCUE COMME UN ATOUT

L’enseigne Vapiano, avec plus de 200 restaurants répartis dans le monde, est un concept de restauration allemand qui allie rapidité, fraîcheur et transparence, dans un cadre accueillant. Les plats, à base de produits essentiellement frais et de provenance locale, sont préparés devant la clientèle. Une entreprise allemande donc, pour une cuisine méditerranéenne qui se veut… authentique ! Mais n’y voyez pas là de contradiction ; le modèle est bien rôdé et il fonctionne : « Pour que la rapidité ne nuise pas à la qualité, il ne faut pas seulement privilégier les circuits courts, il faut aussi créer les conditions d’un climat de travail harmonieux qui, au bout du compte, sera ressenti par le client. » En Suisse Romande, cette sensibilité humaniste, cette façon d’être attentive à chaque acteur de la chaîne, c’est Valérie qui l’incarne, jusque dans les moindres détails. Son ouverture d’esprit et sa gestuelle – sa poignée de main, son regard, sa façon de s’intéresser à une personne et de la saluer – confirment son discours dans les actes du quotidien.

Arrivée au poste de directrice opérationnelle en 2012, Valérie Kunstmann a été nommée directrice générale du groupe MIJOMAG en 2016.

Parvenir à une cohésion d’équipe et faire émerger une certaine “culture d’entreprise” au sein d’une enseigne qui compte près de 150 salariés de 18 nationalités différentes, répartis dans trois cantons (Vaud, Fribourg et Genève), requiert un certain talent, une grande ouverture d’esprit, mais aussi de la fermeté et de la poigne. Elle n’en manque pas. « Les premiers mois en Suisse ont réellement été difficiles, d’autant que je ne mesurais pas à quel point ce pays voisin, francophone pour sa partie romande, était différent de la France ! Sans parler des disparités entre les différents cantons ! Les habitudes de consommation, la gestion des relations et des ressources humaines, l’administration, la personnalité des clients et du personnel… À chaque région sa culture et son identité ! » Le souvenir des premiers mois est encore âpre, « un véritable électrochoc ». Mais Valérie a vite compris qu’elle devait faire preuve d’humilité, accepter d’écouter et se faire accom-pagner par des personnes du crû pour avancer et pour réussir en Suisse. La clé de sa réussite ? Avoir su observer et intégrer un maximum de paramètres afin d’y insuffler avec un maximum d’efficacité son expérience, son expertise et sa personnalité.

UN CREDO : LE MENTORAT

Pour Valérie Kunstmann, dans un monde professionnel mouvant, la transmission, la formation et l’accompagnement constituent des points d’ancrage importants et des gages de pérennité, tant pour le nouveau collaborateur qui doit s’intégrer, que pour l’ancien qui transmet, que pour l’entreprise elle-même. Éprouvé par Valérie sur le terrain, à tous les échelons, dans de nombreux domaines et tout au long de sa carrière, le mentorat, a démontré toute son efficacité. « Que ce soit dans la grande distribution, dans la bureautique, dans la torréfaction, dans le commerce de détail de produits d’épicerie fine ou encore dans la restauration, que ce soit au sein de grands groupes tels que Danone, France Telecom ou au sein de micro-entreprises, le temps de la transmission représente une étape cruciale à laquelle il est fondamental de se consacrer, afin que chacun puisse épanouir pleinement ses talents ; tout le monde en sort gagnant », insiste-t-elle.

« Je ne mesurais pas à quel point ce pays voisin, francophone pour sa partie romande, était différent de la France ! »
Valérie Kunstmann

UNE PRÉDILECTION POUR LE BIEN-VIVRE

Le futur ? Valérie ne se projette pas vraiment à long terme. « J’essaie de faire au mieux, dans l’instant présent. » Une bouteille peut contenir des liqueurs vertes ou rouges, cela ne changera rien à sa forme. À travers tout ce que cette Champenoise entreprend, court fidèlement le même fil conducteur : une prédilection pour le bien-vivre, pour le bien-manger et pour le bien-être dans le respect des hommes et de la nature. L’avenir pour Valérie revient, quelles que soient les circonstances, à demeurer fidèle à elle-même, tant dans sa vie privée que professionnelle : tout un programme.

Sophie Barenne

 

Cet article est paru dans votre magazine L’EXTENSION / DIAMANT ALPIN Octobre-Novembre 2018. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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